Choisir un manuel

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Le public des formations FL2I regroupe des adultes ayant un besoin de formation en langue française pour acquérir une plus grande autonomie linguistique, tant sur le plan oral qu’écrit. Cependant, chaque apprenant en formation, de par sa trajectoire de vie (scolarisation, contacts, emplois…), possède déjà des acquis et connaissances sur lesquelles le formateur doit s’appuyer pour construire un programme cohérent. Par ailleurs, chaque apprenant rejoint la formation pour répondre à des besoins qui lui sont spécifiques. Ceci étant dit, il est important de comprendre qu’aucune méthode de FLI ou de FLE n’est parfaite puisqu’elle ne peut pas s’adapter à chaque individu. Néanmoins, comprendre la méthode qu’on utilise, déceler ses points forts et ses points faibles permet d’en faire une utilisation raisonnée, de la compléter et de l’adapter au public visé.

Quelles questions se poser pour utiliser une méthode ?

  • Le public

Le public visé est-il bien identifié ?

Tout d’abord, les formations FL2I s’adressent à des adultes, il est donc nécessaire que la méthode prenne cette donnée en compte. Les activités proposées doivent donc pouvoir répondre à des préoccupations réelles de migrants adultes.

  • Les documents

Les documents proposés dans ma méthode sont-ils authentiques (documents que notre public peut rencontrer tels quels dans la vie quotidienne) ? Ces documents sont-ils actuels ?

Les migrants vivant en France se retrouvent de fait en situation d’apprentissage de la langue. Utiliser des productions authentiques permet au public d’être confronté directement à des documents qu’il pourra retrouver en situation réelle, dans sa vie quotidienne, et sera donc préparé à les aborder.

Un document authentique en soi ne possède pas de difficulté. C’est l’usage qui en est fait, l’activité créée pour aborder le document qui sera plus ou moins adapté au public. Dans sa vie quotidienne, le public F2LI ne rencontrera pas de documents fabriqués et simplifiés mais bien des documents réels et authentiques, d’où l’importance de travailler dès le départ à partir de ceux-ci.

  • Les activités

Les activités proposées travaillent-elles les quatre compétences (compréhension orale/écrite, expression orale/écrite) ?

Dans la vie quotidienne, le public visé sera confronté à toutes sortes de productions langagières dans toutes sortes de situations de communication : de la facture de téléphone, en passant par l’interaction avec un voisin, jusqu’à la rédaction d’un mot à un enseignant. Il est donc nécessaire de travailler toutes les compétences sans en privilégier une par rapport aux autres.

Par ailleurs, ces compétences sont à travailler par et pour elles-mêmes : travailler l’expression orale en répondant à des questions à l’écrit, c’est aussi travailler de la compréhension et de l’expression écrite

  • La multimodalité

Y a-t-il plusieurs types de documents en présence (photographies, textes, dessins, sons, vidéos, etc) ?

La multimodalité facilite l’accès au sens en permettant l’inférence (construction de sens par la prise d’indices de formes diverses). Combiner différentes sortes de documents redondants permet d’augmenter les possibilités de compréhension d’un document.

Par ailleurs, varier les types de documents permet d’aider les différentes profils d’apprenants (audio, visuels, kinesthésiques…).

  • La médiation

Y a-t-il une médiation ? Comment est-elle faite ?

Dans un manuel, la médiation fait le lien entre le document et l’activité qui lui est reliée, le formateur et le public visé. Elle doit pouvoir permettre :

– de contextualiser le document
– de comprendre quelle compétence est travaillée dans l’activité
– dans quel objectif
– de donner un corrigé et éventuellement des pistes pour la remédiation

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